Patch ou hypnose pour arrêter de fumer : comparatif des deux approches

Patch ou hypnose pour arrêter de fumer ? La question revient souvent, et la réponse honnête n’est pas celle qu’on attend.

Patch ou hypnose, les deux ne s’occupent pas de la même chose. C’est tout. Une fois que vous avez compris ça, vous saurez lequel vous manque.

J’ai porté des patchs. J’ai mâché des gommes. J’ai fumé trente ans, dont dix ans à trois paquets par jour, et j’ai essayé huit fois avant que ça tienne. Je ne vais donc pas vous raconter que le patch ne sert à rien. Ce serait faux, et vous le sauriez.

Patch ou hypnose : ce que fait le patch, et il le fait bien

Concrètement, le patch délivre de la nicotine à travers la peau, en continu, sans la fumée ni les substances qui l’accompagnent. La dose diminue par paliers sur plusieurs semaines.

D’abord, son but est clair. Éteindre le manque physique. Celui des premiers jours, l’énervement, la sensation de tourner en rond, l’impression que votre corps réclame quelque chose.

Et il faut le dire clairement : les substituts nicotiniques sont des dispositifs reconnus. Les autorités de santé les recommandent, l’Assurance maladie les rembourse, et votre médecin ou un tabacologue peut vous les prescrire. Pour beaucoup de gens, ils font exactement ce qu’on leur demande.

Je ne vais pas les critiquer. Ce serait malhonnête, et ce serait surtout inutile pour vous.

Ce que le patch ne prétend pas faire

En revanche, un patch ne s’occupe pas du café du matin.

C’est là que se joue la différence entre patch ou hypnose.

Le patch ne règle pas non plus la cigarette qui suit une contrariété. Ni de celle du balcon, à la même heure, tous les jours depuis quinze ans. Ni de la main qui part toute seule vers la poche.

Or ce n’est pas un défaut, c’est son périmètre. Un patch traite le manque de nicotine, pas l’habitude.

D’ailleurs, les recommandations officielles le disent elles-mêmes : les substituts fonctionnent mieux lorsqu’ils sont associés à un accompagnement. Cet accompagnement, c’est précisément l’autre moitié du travail.

Pourquoi certaines personnes rechutent après le traitement

Ensuite, voici ce que des gens me racontent quand j’arrive chez eux.

Le traitement s’est bien passé. Le manque physique était géré. Puis vous retirez le dernier patch. Et quelques semaines plus tard, une soirée, un verre, une mauvaise nouvelle. La main est repartie toute seule.

Autrement dit, le traitement avait accompagné le corps. L’habitude, elle, n’avait rien vu passer. Elle attendait.

Donc si vous avez vécu ça, vous n’avez pas échoué. Vous avez traité une partie du problème, et il en restait une autre.

Ce que disent les chiffres publiés

Ici je ne vous donne que des données publiées et vérifiables. Vous pouvez aller les lire.

La revue Cochrane de 2018 consacrée aux substituts nicotiniques (Hartmann-Boyce et coll.) a regroupé les essais comparant les substituts à un placebo ou à l’absence de traitement. Résultat : les substituts augmentent les chances de tenir encore au bout de six mois d’environ 50 à 60 %.

Il s’agit donc d’un effet réel. Il est mesuré, il est reproduit, et il fait des substituts l’une des aides les mieux documentées qui existent.

Cependant, l’autre chiffre existe aussi. Il ne dit pas la même chose et il est tout aussi vrai.

Un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, repris par la Haute Autorité de santé, relevait qu’à un an, environ 18 % des fumeurs sous substituts ne fumaient plus, contre environ 10 % sous placebo.

Pourtant, il faut lire les deux ensemble. Les substituts augmentent nettement vos chances, et malgré cela, la grande majorité des gens ont repris au bout d’un an. Les deux phrases sont exactes.

En clair, voilà ce que veut dire une augmentation relative. Vos chances montent. Elles ne deviennent pas une certitude.

Je ne vais pas mettre un taux de réussite de l’hypnose en face. Il n’existe pas de données de ce niveau pour l’hypnose, et aligner un chiffre publié à côté d’un chiffre maison serait malhonnête. Je vous donne les chiffres qui existent, et je vous laisse en tirer ce que vous voulez.

Patch ou hypnose : ce que vise l’hypnose

À l’inverse, l’hypnose ne délivre aucune nicotine. Elle ne remplace rien dans votre corps.

Elle travaille plutôt sur ce qui déclenche le geste. Sur l’association entre le café et la cigarette. Sur la cigarette qui sert à faire retomber la pression. Sur l’idée, installée depuis vingt ans, que la cigarette vous apporte quelque chose.

Concrètement, une séance dure deux heures trente, chez vous. Une partie de ce temps sert à comprendre votre fumeur à vous. Quand vous fumez, pourquoi, et ce que vous croyez y gagner. Ensuite seulement, on travaille.

Le manque physique est abordé aussi, mais autrement. Par la respiration, par la cohérence cardiaque, par des outils que vous gardez avec vous, et par le suivi de vingt et un jours qui prolonge la séance.

Je ne vous dirai pas que l’hypnose est prouvée supérieure au patch. Les revues scientifiques disponibles ne permettent pas de l’affirmer, et je préfère vous le dire. Ce que je peux vous dire, c’est ce que chacune vise.

Patch ou hypnose : comment choisir

Alors, patch ou hypnose ? Posez-vous une seule question. Qu’est-ce qui vous a fait reprendre la dernière fois ?

Par exemple, si c’est le corps, dans les tout premiers jours, une aide qui cible le manque de nicotine a du sens pour vous. Parlez-en à votre médecin ou à un tabacologue, c’est leur métier.

Si c’est trois semaines plus tard, dans une soirée, après une contrariété, ou simplement devant un café, alors le manque physique était déjà derrière vous. Le problème était ailleurs.

Enfin, rien ne vous oblige à trancher entre patch ou hypnose. Certaines personnes viennent me voir après un traitement, d’autres pendant. Les deux ne s’opposent pas, puisqu’ils ne visent pas la même chose.

Personne ne peut arrêter à votre place. Ce que je peux faire, c’est vous donner tout ce qu’il faut pour que ce soit la dernière fois.

Questions fréquentes

Patch ou hypnose : peut-on faire les deux en même temps ?

C’est une question à poser à la personne qui vous a prescrit le traitement. Sur le principe, les deux n’agissent pas au même endroit, et beaucoup de gens font les deux. Dites-le-moi simplement avant la séance.

Le patch est-il remboursé, et l’hypnose ?

L’Assurance maladie prend en charge les substituts nicotiniques sur prescription. L’hypnose ne l’est pas, mais certaines mutuelles prévoient un forfait. Le détail est sur la page consacrée au remboursement par la mutuelle.

Patch ou hypnose : combien de temps dure le manque physique ?

Il se compte en jours, pas en mois. C’est la partie la plus courte de l’arrêt, et c’est pourtant celle qui inquiète le plus. L’habitude, elle, est installée depuis bien plus longtemps.

Faut-il arrêter le patch avant une séance d’hypnose ?

Non, et surtout pas de votre propre initiative. Modifiez un traitement avec la personne qui vous l’a prescrit, jamais seul. Si vous avez un doute, Tabac info service répond gratuitement.

Quel est le taux de réussite des patchs pour arrêter de fumer ?

La revue Cochrane de 2018 consacrée aux substituts nicotiniques conclut qu’ils augmentent d’environ 50 à 60 % les chances d’être encore abstinent au bout de six mois. En valeur absolue, un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire repris par la Haute Autorité de santé relevait environ 18 % d’abstinents à un an sous substituts, contre environ 10 % sous placebo.

Pourquoi rechute-t-on après avoir arrêté le patch ?

Parce que le traitement s’occupe du manque de nicotine, pas de l’habitude. Quand le dernier patch est retiré, le corps a été accompagné mais les automatismes, eux, n’ont pas été touchés : le café, la contrariété, la soirée. C’est ce terrain-là que travaille l’hypnose.

Combien de temps faut-il porter un patch ?

La durée dépend du protocole prescrit, généralement plusieurs semaines avec des dosages décroissants. C’est votre médecin ou un tabacologue qui fixe cette durée, et il ne faut pas la modifier de votre propre initiative.

Le patch fait-il grossir ?

La prise de poids à l’arrêt du tabac est fréquente et elle n’est pas due au patch lui-même. Si le sujet vous inquiète, parlez-en avant plutôt qu’après : c’est une crainte qui fait renoncer beaucoup de monde, et elle se travaille.

Pour aller plus loin

Le déroulé complet de l’accompagnement est détaillé sur la page du Protocole Libération 21 Jours. Vous pouvez lire les retours des personnes que j’ai accompagnées sur la page avis, et découvrir mon parcours sur la page à propos. Je me déplace exclusivement à votre domicile, à Paris, à Sannois et partout en Île-de-France.

Vous hésitez encore ? Réservez un appel découverte gratuit de dix minutes. Sans engagement, pour poser vos questions et voir si nous sommes compatibles.

Dominique JOLIVET, praticien en hypnose, spécialiste de l’arrêt du tabac.